Les écrivains belges à l’honneur
Ne prétendez jamais que nos écrivains ne possèdent aucun talent. Et c’est peut-être la maladie que porte notre siècle, celle d’envier l’assiette de nos voisins en boudant les trésors qui brillent sous nos regards.
Je suis convaincu que nos plumes méritent notre reconnaissance et c’est la raison profonde pour laquelle je vous invite à vous joindre à moi pour remercier celles et ceux qui, par leur talent, font découvrir nos villes et nos villages au-delà de nos frontières.
Le 21 mai dernier, j’ai eu la chance et l’honneur d’encadrer cinq auteurs belges au salon International du livre de Mazamet. Certes, Mazamet n’est pas Paris, mais malgré les 1200 kilomètres qui la séparent de nos contrées, ce Salon du livre est un évènement incontournable pour tout écrivain qui désire approcher l’international. À titre d’exemple, c’est au Salon de Mazamet que l’on rencontre sans la moindre barrière Marc Galabru (†), Michel Montfort, Isabelle Bois, Christophe Chabbert et dernièrement, Anthony Augusto coproducteur de la série « RIP ». Cinq auteurs belges vous écrivais-je, cinq jolies plumes qui ont été reçues avec tous les honneurs. Même si plusieurs nationalités furent représentées (France, Hollande, Sénégal, Autriche, etc.) le drapeau belge flottait aux côtés du drapeau français et européen. Ce geste symbolique offrit à nos compatriotes, l’impression d’être mis à l’honneur et c’est bien d’honneur que nous devons parler. Ludiane de Brocéliande (Le syndrome de thaler), Patricia Fontaine (Cape Verte), Isabelle Grenez (L’heure de la Renarde), Périnne Péters (146 centimètres… Le soleil), Jean Pierard (Le blues de Milo & Vénus) ont été reçu par leurs pairs et salués pour la qualité de leurs écrits. Cerise sur le gâteau, deux écrivains belges ont été nominés pour le prix « Roman » aux côtés de la talentueuse auteure Sonia Nadeau (L’enfant du nuage) [voir nos rubriques précédentes].
Patricia Fontaine ne cacha pas son émotion lorsqu’elle entendit prononcer son nom à la suite de la phrase « Le lauréat pour le prix roman 2017, à l’unanimité du jury est… ».

Périnne Péters, nominée pour le même prix n’a pas à rougir, le jury a dû choisir parmi trois romans exceptionnels, il n’y avait qu’un Lauréat, j’avoue que personnellement j’aurais placé les trois lauréates sur un pied d’égalité. Les sujets sont diamétralement différents, l’écriture n’a rien de comparable, mais chacune apporte au lecteur cette agréable sensation d’être aspiré dans une histoire que l’on n’a pas envie d’abandonner.

Enfin, pour clôturer ce petit mot, j’aimerais ajouter que les cinq Belges participants présentaient des œuvres qui méritent nos regards. Comme le disait si bien un membre du jury, faire un choix cela donne parfois l’impression de déchirer son âme. Nos auteurs sont revenus en Belgique gardant les souvenirs d’un week-end singulier et si quelques personnalités ont salué la performance de nos écrivains, cela reste anecdotique. Oublierait-on que les écrits portent le témoignage de nos civilisations ? C’était un évènement rarissime, mais si j’en crois le silence qui l’entoure, l’exception semble devenue banale…
Philippe De Riemaecker



