Des Souris dans le rétroviseur

Jean Piérard éditions Alexandra de SaintPrix ISBN : 978-2-36689-116-4

C’est un principe auquel je déroge rarement, celui de rédiger un avis sur les écrits de quelqu’un de proche et pourtant, comme le disait si justement l’un de mes mentors, l’exception confirme la règle. On pourrait croire que l’exception a bon dos même si cette dernière se base sur une logique réservée aux plus pointus d’entre nous, à ceux qui jonglent avec les principes arrachés à nos racines, à nos berceaux, à cet héritage qui nous différencie de « la plèbe », de l’ignorance peut-être ?  Alors que nous pointons du doigt les sociétés dans lesquelles les « castes » portent atteinte à notre compréhension, voici de quoi éveiller la réflexion sur nos manières d’agir ou de penser, car oui, les castes sont présentes au cœur de nos sociétés.  Au diable l’élitisme et bienvenue à l’érudition.  Cherchez l’intrus, pendant ce temps je m’offrirais bien un petit café dans lequel un spéculoos de Noël fera trempette et tant pis si ma bonne éducation sera anéantie par ce geste qui produit une extase impossible à vous faire partager par ce billet.

Jean-Piérard, le Namurois Catalant puisqu’il n’est plus d’ici, qu’il est parti chercher le soleil et les vignes plantées par Dionysos en personne, là-bas, proche de la chambre nuptiale de Poséidon, un lit de séduction posé sur les flancs de Collioure, ville qui vibre d’amour, de fougues, de promesses faites à celles en quête d’extase…  Ah ! L’extase…  Peu le savent,  si les amoureux possèdent une ville elle ne porte pas le nom de Venise, celle-là, c’est pour les touristes tandis que Collioure oh oui, Collioure ! (soupir),  mais de qui parle-t-on ?  De Poséidon ou de Jean Piérard ?  Des deux peut-être, des deux probablement.

Jean-Piérad, disions-nous avant de nous dissiper, est un auteur plutôt orienté « Nouvelles ».  Quoi ?  Qui ose prétendre que les nouvelles sont les parents pauvres de la littérature ?  Vous ?  Merci, pour votre honnêteté cependant, permettez-moi remettre en question cet apriori décevant.  Je vous l’accorde, pour réussir une bonne nouvelle il faut du talent et un sens, que dis-je ?  Un don de conteur, celui d’émerveiller le lecteur à chaque ligne afin de lui donner l’envie de continuer.  Comme toute chose, la réussite d’un ouvrage dépend de l’artisan et à propos de livres il en existe d’excellents, de bons et malheureusement de « Bofs ».  En ce qui concerne les derniers, passons, nous ne sommes pas ici pour dénigrer qui que ce soit, vive la positivité.

Si Jean-Piérard est écrivain, il est également musicien, c’est important, ses écrits transpirent régulièrement d’ambiances calquées à partir d’un vécu de baroudeur (à prendre au sens noble du terme).  Poète de longue date, il fréquentait la citadelle de Namur et fut l’un de co-organisateurs de la première édition des minuits de la poésie qui se déroulait là-haut, probablement en offrande à la Meuse ou la Sambre ou les deux puisque  c’est en ces lieux que les fleuves se rejoignent avant de rejoindre Liège la lumineuse.  Fusion des eaux qui fait dire à certains que c’est grâce à ce joyeux chambardement que les Namurois portent une étincelle particulière au fond des yeux.  Jean-Piérard et Namur, voici de quoi éveiller notre intérêt.  L’un porte le verbe avec originalité, l’autre est le centre du monde.  Un peu de chauvinisme que diable !

Fusion des eaux qui fait dire à certains que c’est grâce à ce joyeux chambardement que les Namurois portent une étincelle particulière au fond des yeux.

« Des souris dans le rétroviseur » paru aux éditions « Alexandra de Saint-Prix » nous offre des horizons divers.  Ne cherchez pas à m’en faire dévoiler les textes, je m’y refuse, comme ces cadeaux bien emballés il est préférable d’en découvrir le contenu en préservant la surprise.

Pourtant les horizons que propose l’artiste offrent au lecteur le don de nous faire rebondir sous différents décors.  Proposition intuitive ?  Placez le Best Of de Ennio Morricone de préférence en version 33 tours sur une platine ancienne.  Versez-vous une bonne dose d’excellent pur malt.  Décrochez le téléphone, coupez la télévision, trouvez une occupation pour que votre moitié et les enfants soient obligés d’être loin de la maison et là…   Hmm le meilleur fauteuil et : « Les Souris… » en guise d’évasion…

Ne lisez pas cet ouvrage en vitesse de compétition.  Ce livre se savoure et propose quelquefois un jeu de piste afin que les mots prennent un envol sous d’autres horizons que ceux que l’on croyait découvrir en première lecture.

À lire sans modération mais attention ! Les chutes réclament une petite place à la réflexion.

Philippe De Riemaecker

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