Académia ISBN : 978-2-8061-0450-2 www.editions-academia.be

Au-delà d’une écriture intéressante et belle, Françoise Duesberg nous offre une sorte d’expédition touchante. Le titre « Souffler sur la blessure » est un périple, un regard sur les accroches de la vie. Mais pas que ! Non, ce serait trop facile de résumer ce livre en quelques phrases soigneusement choisies. Un livre engagé ? S’il ne l’est pas, il ressemble à ces confidences qui font du bien tant à la réflexion qu’à la recherche d’une forme d’humanisme et tant pis si de nos jours l’expression peut sembler dévoyée.

L’idéalisme ? Oui, trouver une route superbe en harmonie avec l’idée que l’on pourrait voir naître lorsque l’on est adolescent, que la vie n’a pas encore émoussé les élans du cœur, que la raison ne se voile pas sous le bruit des destins qui se disent raisonnables.
Comment décrire un livre quand vous l’avez aimé ? En dévoilant votre ressenti ? Peut-être, mais serait-ce honnête ? Une corde littéraire qui vibre et vous voici porté à décrire le cœur de l’ouvrage ? Non, je ne suis pas certain de pouvoir rendre hommage en suivant mon instinct. Ce livre est à découvrir, comme le serait la découverte de propos qui ouvrent « peut-être » la porte à l’espoir, mais pas que ! La vie est plus compliquée, les auteurs qui frôlent ce concept réalisent que la facilité n’est pas un art à suivre.
« Souffler sur la blessure » est un roman, ce qui signifie : que le texte est inventé, créé, imaginé. Le talent de Françoise Duesberg laisse échapper ce mot : « espoir » tandis que ma conscience me souffle : « découragement ».
Il y a déjà longtemps que j’ai découvert le livre de François Duesberg, trop longtemps aux goûts de certains, qu’importe, je ne voulais pas écrire une chronique sur un élan irréfléchi. Au diable le besoin de rédiger un billet à tout prix ! Ai-je eu raison de laisser décanter le texte en espérant laisser un peu de temps à la réflexion? Trouver les justes expressions dénuées d’influence ? Je ne sais pas, c’est parfois compliqué de ne pas laisser sa spontanéité exprimer son ressenti. Mais attendre ? Attendre quoi ? Que se voile la surprise de l’instant présent ? La prise de distance ne peut-elle dévoyer les souvenirs ? Certes, mais pas la vibration d’une rencontre nécessaire.
Reste cette dernière phrase, cette sorte de trahison, ou au contraire, le réalisme de ce que l’avenir nous réserve :
« Il ne leur dit pas. Il n’y croit pas. Pas encore. »
Est-ce justement la différence entre l’idéalisme et le regard réaliste sur une évidence qui effrite les promesses d’espoirs en l’avenir, promesses bousculées par les surprises de vie ?
Combien de paroles aimerions-nous offrir ? Combien de trahisons qui germent en raison du « destin »? Avons-nous le pouvoir de cacher « ses » ou « ces » Blessures sous nos modernes excuses ?
Oui, j’ai aimé « Souffler sur la blessure », je l’ai aimé pour différentes raisons et s’il fallait puiser la plus dominante parmi tant d’autres serait de souligner… Souligner quoi ? À vous de le découvrir, je me refuse à changer votre réflexion. Est-ce de l’orgueil ? Non, je ne vous connais pas, je ne sais pas le nom de votre pays, de votre environnement, je ne connais que vos yeux qui parcourent ce texte, qu’importe, je crois que vous rejoindrez mon ressenti, ce roman est à découvrir, à déguster.
Philippe De Riemaecker